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L'esprit de battue sous tension

  • Téchené jean noel
  • il y a 2 heures
  • 4 min de lecture
L'esprit de battue sous tension
L'esprit de battue sous tension

L'esprit de battue sous tension


« Autrefois passionné de battue, je ne manquais jamais un rendez-vous, mettant un point d'honneur à me montrer exemplaire sur le terrain et irréprochable sur la sécurité. Mais au fil des saisons, le climat s'est dégradé : jalousies, remarques acerbes et incivilités ont fini par s'immiscer dans nos lignes de ma société de chasse. Ce n'était pas cette ambiance que je cherchais pour me détendre après une semaine de travail.

Face à ce constat très amer, j'ai peu à peu délaissé ce mode de chasse pour me tourner vers l'affût au mirador. Aujourd'hui, avec cet article (qui me tient particulièrement à cœur) L'esprit de battue sous tension, je souhaite poser un constat lucide et proposer des solutions concrètes pour retrouver le plaisir du vivre-ensemble. »


Incivilités et faux pas au poste : comment préserver nos traques ?


Avis de coup de vent dans nos lignes ! Alors que la chasse au grand gibier exige une cohésion sans faille, le manque de courtoisie et le mépris des règles élémentaires entachent trop souvent le plaisir de la journée. Du tir litigieux à l’impolitesse envers les usagers de la forêt, tour d’horizon des dérives du samedi… et des remèdes à y apporter.

Il suffit parfois d'un seul comportement individuel pour gâcher le travail d'une équipe entière et de ses chiens. Sur le terrain, les griefs des présidents et des chefs de ligne se répètent d'une saison à l'autre. En cause ? Des dérives qui touchent autant au « savoir-vivre » qu'à la sécurité pure.


Le tableau des mauvais comportements


En premier lieu vient l'irrespect du poste et des consignes.

Abandonner sa ligne avant la fin de la traque, se déplacer sans avertir ses voisins ou grignoter les angles de tir (le fameux respect des 30°) pour « ajuster » un animal à l'enviable sont des fautes lourdes.


À cela s'ajoute l'individualisme récalcitrant : les querelles stériles autour du « premier sang », la course au tableau personnel au détriment du travail des piqueux, ou encore l'attitude d'actionnaires se comportant en simples « acheteurs de tir ».


Enfin, l’incivilité envers les tiers dessert l'image de toute la communauté : altercations orales avec des randonneurs, stationnements anarchiques sur les pistes forestières ou panneaux « Chasse en cours » posés à la hâte et oubliés le soir venu.



Sept leviers pour remettre du cadre


Pour que la battue reste une fête conviviale, plusieurs solutions éprouvées s'imposent :

  • Un « rond du matin » recadré : Le briefing ne doit pas se limiter au rappel de la sécurité. Le chef de battue doit y réaffirmer les règles d'étiquette : salutation impérative des voisins de ligne, consignes de silence et respect strict du gibier tiré.

  • Des règlements intérieurs coercitifs : L’exclusion temporaire ou définitive doit cesser d'être un tabou. Inscrire des sanctions claires pour incivilité ou comportement dangereux dans le règlement de la société de chasse est le seul moyen de neutraliser les récidivistes.

  • La mise en place de la charte du chasseur : Voir notre article en lien :

    https://www.palombe.org/post/pourquoi-la-charte-du-chasseur-est-elle-de-plus-en-plus-utilis%C3%A9e-en-battue

  • Une communication irréprochable sur le terrain : Panneautage soigné, retrait immédiat après la traque et ton courtois – même face à la provocation – lors de la rencontre avec d'autres usagers de la nature.

  • Une responsabilisation des chefs de ligne : Désigner des relais d'autorité incontestés sur le terrain, capables d'intervenir immédiatement à la moindre dérive.

  • Une mise à jour permanente concernant la sécurité : Avec ma fille Camille qui est jeune permis , nous avons décidé de participer à la formation chef de battue auprès de la Fédération Départementale de Chasse de la Gironde (33). Cela nous a véritablement ouvert les yeux sur la sécurité. Voir notre ressenti dans la vidéo ci dessous :


Le septième levier concerne la relève et la transmission et prolonge le cadre établit précédent dans la durée. On se projette dans l'avenir !


Intégrer les nouveaux : dites adieu au « choc des

générations » !


Face au vieillissement des effectifs, l'accueil des jeunes permis et des nouveaux arrivants est le défi prioritaire de nos territoires. Pourtant, entre réflexes de propriétaires et peur du changement, la greffe a parfois du mal à prendre. Comment ouvrir nos lignes sans dénaturer nos traditions ?


Trouver sa place dans une équipe de battue installée depuis trente ans s'apparente parfois à un parcours du combattant pour le débutant. Sentiment d'isolement, relégation aux postes réputés « vides », moqueries après un loupé… Autant de facteurs qui découragent les plus bonnes volontés dès leur première saison.


Passer de la méfiance au parrainage

Pour casser ce mur invisible, plusieurs dispositifs de terrain font leurs preuves au quotidien :

  • Le système du mentorat : Associer systématiquement chaque nouveau venu à un chasseur d'expérience et pédagogue. Ce « parrain » le guide sur le placement au poste, l'identification des coulées et la prise de décision au tir, tout en lui évitant les faux pas sociaux.

  • L'apprentissage par la traque : Avant de reléguer un nouveau sur une ligne de tir, lui proposer de faire ses premières sorties au cœur du bois, aux côtés d'un traqueur. C'est le meilleur moyen de comprendre la dynamique du territoire, le travail des chiens et d'acquérir le respect du groupe.

  • L'allègement de la charge financière : Cartes à demi-tarif pour les jeunes permis, prêt de matériel de sécurité (miradors portatifs, gilets, radios) : réduire le coût d'entrée est un signal fort d'immédiate bienvenue.

  • La valorisation au sein du groupe : Responsabiliser rapidement le nouveau venu (saisie des données de prélèvement, participation à la découpe) et célébrer sa première prise avec bienveillance lors des honneurs au gibier en évitant un bizutage inadapté.


En ouvrant leurs portes avec méthode et respect, nos battues ne gagnent pas seulement des fusils supplémentaires : elles s'assurent un avenir, de la mémoire et de la vie pour de longues années encore.


L'esprit de battue sous tension
L'esprit de battue sous tension


En conclusion :  La battue ne doit plus être subie comme un terrain de tensions, mais retrouvée comme un espace de partage. S'éloigner des lignes pour rejoindre le silence du mirador est une échappatoire individuelle salutaire, mais la battue reste le cœur battant de nos territoires. En réaffirmant le cadre, en sanctionnant les incivilités et en remettant la courtoisie au centre du rond, nous rendrons à nos dimanches en forêt leur véritable valeur : celle d'une passion partagée dans le respect des hommes, des chiens et du gibier.


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