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Pourquoi les écologistes sont s'y farouchement opposés aux chasses traditionnelles en France et Quels arguments avancent les chasseurs et les défenseurs des traditions pour maintenir nos chasses

  • Téchené jean noel
  • il y a 1 jour
  • 6 min de lecture
Matole pour chasse à l'alouette
Matole chasse àl'alouette

Pourquoi les écologistes sont s'y farouchement opposés aux chasses traditionnelles en France et Quels arguments avancent les chasseurs et les défenseurs des traditions pour maintenir nos chasses


En France, le débat autour des chasses traditionnelles (comme la chasse à la glu, aux filets ou la chasse à courre) est particulièrement vif. Si les chasseurs y voient la préservation d'un patrimoine culturel et de coutumes locales, les écologistes et les associations de protection de la nature (comme la LPO ou One Voice) s'y opposent farouchement pour des raisons principalement éthiques, scientifiques et juridiques.


Trois grands arguments structurent cette opposition.


Le problème majeur de la « non-sélectivité »

C'est le cœur de la bataille juridique. Les écologistes reprochent à ces méthodes d'être imprécises. Quand un piège est posé, il ne choisit pas sa victime.

Par exemple, avec la chasse à la glu, l'objectif initial est de capturer des grives pour s'en servir comme "appelants" (des oiseaux vivants utilisés pour attirer d'autres gibiers). Seulement, les branches engluées attrapent indifféremment d'autres espèces, dont des oiseaux protégés et en déclin comme les mésanges ou les rouges-gorges. Même si les chasseurs affirment nettoyer et relâcher les espèces non ciblées, les écologistes soulignent que le solvant utilisé et le stress de la manipulation altèrent gravement le plumage et les chances de survie de l'animal.


L'effondrement de la biodiversité

Les écologistes rappellent que le contexte actuel n'est plus celui d'il y a un siècle. Les populations d'oiseaux de nos campagnes se sont effondrées (environ 30% d'oiseaux en moins en trente ans en France).


Dans cette situation de crise, ajouter une pression de chasse supplémentaire — même jugée marginale par ses pratiquants — sur des espèces déjà fragilisées comme l'alouette des champs est considéré par les défenseurs de l'environnement comme une aberration écologique.


La souffrance animale et l'éthique

L'opposition repose aussi sur une sensibilité croissante au bien-être animal. Les méthodes traditionnelles sont perçues comme cruelles et archaïques :

  • L'agonie ou le stress prolongé dans les cages (matoles) ou les filets.

  • L'épuisement total lors de la chasse à courre (vènerie), où un animal (cerf, chevreuil, lièvre) est poursuivi pendant des heures par une meute de chiens jusqu'à la mise à mort, ce qui génère un stress physiologique immense.


Synthèse des principales pratiques contestées

Mode de chasse

Technique utilisée

Principal grief des écologistes

Statut juridique récent

Chasse à la glu

Branches d'arbres enduites de colle.

Capture d'espèces protégées, destruction du plumage.

Interdite définitivement par le Conseil d'État suite à une directive européenne.

Pantes et matoles

Filets horizontaux (pantes) ou cages tombantes (matoles).

Capture de masse de l'Alouette des champs, une espèce en déclin.

Les arrêtés d'autorisation sont systématiquement annulés en justice.

Chasse à courre

Poursuite à courre avec une meute de chiens de meute.

Cruauté éthique, stress de l'animal, conflits d'usage près des habitations.

Légale, mais fait l'objet de fortes pressions politiques.

Le point de vue juridique : L'Europe interdit en principe les techniques de capture massive ou non sélective via la "Directive Oiseaux" de 1979. Pendant des années, la France a utilisé des dérogations pour maintenir ces pratiques au nom de la "tradition", mais le Conseil d'État a progressivement aligné sa position sur le droit européen, rendant la plupart de ces chasses illégales.

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Quels arguments avancent les chasseurs et les défenseurs des traditions pour maintenir les chasses traditionnelles en France ?


Si on résume de manière très directe la position des chasseurs, tout tourne autour de quatre arguments principaux. C'est une défense qui va bien au-delà du simple fait de prélever du gibier :

  • L'argument culturel (Un patrimoine vivant) : Pour les pratiquants, ces chasses font partie de l'ADN de leurs régions (comme le Sud-Ouest pour l'alouette, la palombe ou la Provence pour la grive). Ils considèrent ces rituels comme un art de vivre à part entière et militent pour leur reconnaissance par l'UNESCO au titre du patrimoine immatériel.

  • Le savoir-faire (Un artisanat technique) : Contrairement à la chasse au fusil, ces méthodes demandent un travail de préparation minutieux tout au long de l'année : tresser et installer les filets, fabriquer les cages (matoles), entretien des palombières ou encore imiter parfaitement les chants des oiseaux à l'aide de sifflets (appeaux). Ce sont des chasses de patience et d'observation fine de la nature.

  • La science du "1 %" (Un impact négligeable) : Les chasseurs s'appuient sur des critères européens stipulant que leurs prélèvements sont marginaux et représentent moins de 1 % de la mortalité annuelle naturelle de l'espèce. Selon eux, interdire ces traditions ne sauvera pas les oiseaux, dont le déclin est principalement causé par la disparition des habitats et l'agriculture intensive Européenne.

  • La modernisation (Une pratique contrôlée) : Pour prouver leur bonne foi, ils mettent en avant des outils modernes comme l'application mobile ChassAdapt. Elle permet à chaque chasseur de déclarer ses captures en temps réel sur son smartphone, ce qui permet de bloquer instantanément la chasse dès qu'un quota national est atteint.


Au-delà de la technique, c'est aussi une vraie bataille sociologique : le monde rural refuse qu'une vision de la nature qu'il juge "urbaine" vienne effacer des coutumes locales ancestrales.


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Quel est le rôle de l'Union européenne et du Conseil d'État dans l'interdiction ou le maintien des chasses traditionnelles en France ?


Dans ce conflit, l’Union européenne (UE) et le Conseil d’État forment un duo institutionnel qui a profondément bouleversé le paysage de la chasse en France. Pour faire simple : l’Europe écrit les lois de protection de la nature, et le Conseil d’État s'assure que la France les respecte.

Voici comment chacun joue son rôle pour arbitrer ce dossier sensible.


L’Union européenne : Elle fixe la règle du jeu (La Directive « Oiseaux »)

Le rôle de l'UE repose sur un texte fondamental : la Directive Oiseaux (adoptée en 1979 et mise à jour en 2009). Ce texte protège tous les oiseaux sauvages de l'UE et pose un principe strict : l'interdiction des méthodes de capture massive ou non sélective (la glu, les filets, les pièges-cages).

Cependant, l'Europe a laissé une porte entrouverte via des dérogations, à condition que l'État prouve trois choses :

  1. Qu'il n'y a aucune autre solution satisfaisante (comme la chasse au fusil).

  2. Que la méthode est strictement sélective (qu'elle n'attrape que l'espèce visée).

  3. Que les prélèvements se font en très petites quantités.

Le tournant de 2021 : Saisie par le Conseil d'État français, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a tapé du poing sur la table. Elle a tranché que le seul argument de la « tradition » ne suffit pas pour justifier une dérogation si la méthode blesse ou capture d'autres espèces.

Le Conseil d’État : Le juge qui applique le droit européen

Le Conseil d’État est la plus haute juridiction administrative en France. Son rôle n'est pas de décider si la chasse est "bonne" ou "mauvaise", mais de vérifier si les décisions du gouvernement français sont légales.

Pendant des décennies, le ministère de l’Écologie a publié chaque automne des arrêtés autorisant les chasses traditionnelles (glu, pantes, matoles) pour faire plaisir au monde de la chasse. Et chaque automne, les associations écolo (LPO, One Voice) attaquaient ces arrêtés devant le Conseil d’État.

Depuis l'arrêt européen de 2021, le Conseil d’État censure systématiquement le gouvernement. Le juge administratif estime que l'État est incapable de prouver scientifiquement la sélectivité de ces chasses. En mai 2024, le Conseil d'État a enfoncé le clou en abrogeant les derniers arrêtés cadres, actant juridiquement la fin des méthodes traditionnelles de piégeage d'oiseaux sauvages.


La situation actuelle (2025-2026) : Une distinction très nette

Le Conseil d'État ne bloque pas toute la chasse, mais il exige de la rigueur scientifique. On observe aujourd'hui deux poids, deux mesures :

  • Le piégeage traditionnel (Glu, filets, cages) : C'est fini. Les tentatives du gouvernement de ressusciter les filets (pantes) ou cages (matoles) pour l'alouette se heurtent systématiquement au mur du Conseil d'État, car ces techniques restent non sélectives au sens du droit européen.

  • La chasse des oiseaux migrateurs au fusil : C'est validé. En octobre 2025, le Conseil d'État a rejeté les recours des écologistes et a validé la chasse de 9 espèces de migrateurs (sarcelles, cailles, canards...).


Pourquoi cette différence ? Parce que cette chasse utilise le fusil (qui est sélectif par nature) et intègre la gestion adaptative : les chasseurs doivent enregistrer leurs prélèvements en temps réel sur l'application mobile ChassAdapt, et des quotas stricts (PMA) sont bloqués dès que la science dit que l'espèce est menacée.


En résumé, l'Union européenne a fourni les armes juridiques aux écologistes, et le Conseil d'État s'en sert pour contraindre la France à abandonner ses tolérances historiques. Pour les chasseurs, la seule issue légale validée par le juge est désormais la transition vers une chasse moderne, connectée et strictement contingentée.


L'Europe s'est invité dans le monde de la chasse, créant cet imbroglio juridique politique qui détruit lentement mais surement nos passions culturelles de nos campagnes.

Comme disait ma grands mère, mamie Odette :"Tout change,et ce que l'on a connu, on ne le revivra plus", et j'ai bien peur que le monde de la chasse n'échappera pas à cet adage.

Qu'en pensez vous ?

Merci de commenter, votre avis est important...



En espérant que cet article sur : "Pourquoi les écologistes sont s'y farouchement opposés aux chasses traditionnelles en France et Quels arguments avancent les chasseurs et les défenseurs des traditions pour maintenir nos chasses" vous éclaire sur la situation de précarité que vivent les chasses traditionnelles en France actuellement. Si c'est chasses disparaissent à courte échéance et bien nous aurons perdu une partie de notre culture civilisationnelle et une petite partie de notre histoire rurale.

 
 
 

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